Communiqué de presse
Conclusion du directeur de l’UES à propos du décès par balle de Kwasi Skene-Peters : les deux agents de police de Toronto ont agi en légitime défense
Numéro du dossier: 15-TFD-165
Les autres communiqués de presse concernant le cas 15-TFD-165
Mise à jour concernant le décès par balle à Toronto : l’UES communique le nom du défunt
L’UES enquête sur un décès par balle à Toronto
- résultats de l’analyse judiciaire de deux armes à feu appartenant à la police saisies aux fins de l’enquête;
- résultats de l’analyse judiciaire de deux armes à feu n’appartenant pas à la police récupérées sur le lieu de l’incident;
- analyse d’ADN de traces de sang sur l’une des armes à feu n’appartenant pas à la police;
- enregistrement audiovisuel d’une caméra à l’intérieur d’un véhicule de police;
- enregistrement audiovisuel d’une caméra à l’intérieur d’un véhicule civil;
- séquence vidéo enregistrée par un civil;
- entrevues avec 17 agents témoins;
- entrevues avec 7 témoins civils;
- examen des indices matériels saisis sur le lieu de l’incident; et
- analyse de la trajectoire balistique.
- Le 24 juillet 2015, le Service de police de Toronto a reçu des renseignements selon lesquels M. Skene-Peters se rendrait à la boîte de nuit Tryst, située au 82, rue Peter, au centre-ville de Toronto, et qu’il était armé et dangereux. Deux semaines plus tôt, un mandat pancanadien avait été lancé pour l’arrestation de M. Skene-Peters sur deux chefs d’accusation de meurtre au premier degré.
- Plusieurs agents ont été déployés à la boîte de nuit Tryst afin de mettre en place une surveillance. L’unité affectée à l’initiative d’intervention contre la violence de Toronto (unité TAVIS) a également été appelée en renfort.
- Peu après 2 h du matin, des agents d’infiltration ont identifié M. Skene-Peters dans la file d’attente de la boîte de nuit Tryst. Une altercation a éclaté entre certaines personnes dans la file d’attente, et deux hommes se sont alors dirigés vers le stationnement, au sud. Ils se sont approchés de la voiture de M. Skene-Peters, et l’un d’eux a retiré ce qui semblait être une arme à feu et l’a placée dans le véhicule. Les deux hommes sont ensuite retournés à la boîte de nuit.
- Vers 3 h du matin, M. Skene-Peters et l’autre homme sont retournés au véhicule.
- Peu de temps après, un autre véhicule, conduit par un civil, s’est arrêté directement devant la voiture de M. Skene-Peters, la bloquant sur place. Les policiers ont alors décidé d’intervenir.
- Des agents de police en uniforme, des agents de police à bicyclette, des agents d’infiltration, des véhicules de police identifiés, des véhicules de police banalisés et des véhicules de surveillance d’infiltration ont convergé vers la voiture de M. Skene-Peters.
- Trois agents en uniforme de l’unité TAVIS (dont deux sont les agents impliqués), qui étaient dans l’allée à l’arrière du parc de stationnement, se sont rapidement approchés de l’avant de la voiture de M. Skene-Peters, leurs armes à feu en main. Ils ont crié à plusieurs reprises les ordres habituels de la police, comme « Stop » (Arrêtez), « Put your hands up » (Levez les mains en l’air), « Police », « You’re under arrest » (Vous êtes en état d’arrestation) et « Freeze – don’t move » (Arrêtez – Ne bougez pas).
- Alors que les policiers continuaient de crier leurs ordres, une fusillade a éclaté. Elle a duré environ quatre secondes. C’est au cours de cet échange de coups de feu que M. Skene-Peters a reçu un coup mortel à la poitrine.
- Plusieurs témoins ont dit avoir entendu deux coups de feu alors que les policiers hurlaient leurs ordres à M. Skene-Peters. Ces tirs venaient de l’intérieur du véhicule de M. Skene-Peters. Au moins une balle a traversé le pare-brise, en direction des trois policiers.
- Après les coups de feu initiaux, les deux agents impliqués ont riposté en déchargeant simultanément leurs armes à multiples reprises en direction du véhicule de M. Skene-Peters.
- Au cours de cette fusillade de quatre secondes, M. Skene-Peters est sorti de son véhicule et a couru derrière deux autres véhicules vers la rue Peter. Il a alors trébuché sur un homme qui s’était couché à terre. Au moment où M. Skene-Peters a touché terre, une arme de poing semi-automatique noire a volé de sa main droite et a atterri aux pieds d’un agent de police.
- Les agents de police ont arrêté M. Skene-Peters dès qu’il a atterri au sol. Ils ont découvert qu’il était blessé et l’ont fait transporter d’urgence à l’hôpital St. Michael, où son décès a été prononcé à 3 h 59. La cause du décès était une seule blessure par balle qui a traversé le ventricule droit du cœur.
- Lorsque la fusillade a commencé, un autre homme était assis à l’avant du véhicule, côté passager. Dès que les coups de feu ont cessé, cet homme est sorti en rampant de la voiture et s’est réfugié sous un camion stationné le long du côté droit du véhicule de M. Skene-Peters. Il a été arrêté quelques instants plus tard.
- Il s’est écoulé moins de 30 secondes entre le moment où l’ordre d’intervenir a été donné et celui où M. Skene-Peters a été appréhendé.
Si vous ou quelqu’un de votre entourage avez été touchés par un incident faisant l’objet d’une enquête de l’UES et que vous souhaitez obtenir de l’aide, le Programme de services aux personnes concernées peut vous aider. Vous pouvez communiquer avec nous au 1 877 641-1897. Les services sont gratuits, confidentiels et offerts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, toute l’année.
L’UES est un organisme gouvernemental indépendant qui enquête sur la conduite d’agents (agents de police municipaux, régionaux et provinciaux, agents du Service de police Nishnawbe-Aski, agents spéciaux de la Commission des parcs du Niagara et agents de la paix du Service de protection de l’Assemblée législative) qui pourrait avoir entraîné un décès, une blessure grave, la perpétration de violences sexuelles ou la décharge d’une arme à feu sur une personne. Toutes les enquêtes sont menées par des enquêteurs de l'UES qui sont des civils. En vertu de la Loi sur l'Unité des enquêtes spéciales, le directeur de l'UES doit :
- considérer si un agent a commis une infraction criminelle en lien avec l'incident faisant l'objet de l'enquête;
- selon le dossier de preuve, faire porter une accusation criminelle contre l'agent, s'il existe des motifs de le faire, ou clôre le dossier sans faire porter d'accusations;
- rendre compte publiquement des résultats de ses enquêtes.